Voici un très bel article qui retrace la jeunesse de Patrick, ses débuts artistiques, sa lutte contre le cancer mais surtout son amour pour son Maine natal.
NE SOYEZ PAS DÉCOURAGER PAR LA LECTURE
Lorsque Patrick Dempsey roulera en bicyclette dans les rues de Lewiston, lors du Dempsey Challenge, le 4 octobre, les environs seront un peu différents de ce qu'il a l'habitude de voir. Sa route habituelle - il essaie de rouler au moins une centaine de miles par semaine (150 km) sur son vélo Specialized – l'emmène sur les collines de Brentwood jusque Malibu. Dans le Maine, l'acteur sera accompagné par les cyclistes professionnels George Hincapie et David Zabriskie, mais aussi par des milliers d'autres supporters cyclistes, coureurs et marcheurs, dans le but de récolter des fonds pour le Dempsey Center for Cancer Hope and Healing, fondé en mars 2008, au sein du Central Maine Medical Center (CMMC) à Lewiston.
Patrick Demspey a réfléchi à cette idée de centre après que lui et sa famille aient affronté une longue bataille de dix ans que sa mère a livré au cancer des ovaires. Dans ce qui est pour beaucoup un parcours confus entre les diagnostics, les traitements et les assurances, les Dempsey ont eu comme guide Mary Dempsey, la s½ur aînée de Patrick, qui a travaillé durant plus de 25 ans dans l'industrie des soins de santé. "S'il n'y avait pas eu la capacité de Mary de naviguer dans le système, on aurait été complètement perdu" a déclaré Patrick. C'est cette expérience qui a convaincu la famille de trouver un moyen de rendre la médecine moins "clinique et froide" et d'offrir à d'autre familles du Maine des ressources et un soutien compatissant. "La médecine doit évoluer vers quelque chose de plus personnel" dit Patrick, "comme entrer dans la maison de quelqu'un".
Lorsqu'un nouveau patient passe les portes du Dempsey Center, en ce moment situé dans une suite de bureaux existants déjà sur le campus du CMMC, il ou elle ne doit rien payer, grâce à la généreuse donation de Patrick Dempsey, aux subventions extérieures, ou autres efforts pour récolter des fonds. Les patients se voient offrir assistance pour eux-mêmes et les membres de leur famille. Ils ont accès à une bibliothèque toujours croissante sur le cancer. Massage, Reiki, services de spa, thérapie musicale, voilà le genre de traitements disponibles pour atteindre le but de rendre le centre le plus pluri-thérapeutique et le plus complet possible. De plus, les services du centre – depuis les groupes de soutien jusqu'à l'assistance dans les transports – vont au-delà des limites de la ville de Lewiston, jusqu'aux avant-postes ruraux de Bridgton et Rumford. "Nous allons porter nos services sur les routes" explique Kerry Irish, le directeur de programme du Dempsey Center. "On rend service aux gens qui sont menacés et qui autrement ne pourraient pas y avoir accès parce qu'ils habitent trop loin".
Le Dempsey Center a donné à l'acteur très occupé d'Hollywood une bonne excuse pour revenir dans son Maine natal, aussi, que ce soit dans sa maison de vacances à South Harpswell ou sur ses terres dans les environs de Lewiston. L'acteur est né au CMMC en 1966, d'Amanda et de Bill Dempsey, respectivement la secrétaire du principal de la Buckfield High School et un courtier d'assurances. Ses très nombreux intérêts et sa personnalité ouverte et sociable ont modelé son enfance rurale et l'ont aidé à lutter contre le diagnostic de dyslexie, fait quand il avait environ 12 ans. Sa passion la plus forte était de dévaler les pentes en ski. "Mon vrai but était de devenir un skieur olympique" a admis Dempsey. "Voilà ce que je voulais vraiment faire". Après plusieurs années de pratique sur la toute proche Titcomb Mountain, il a gagné le Championnat de Slalom de l'Etat du Maine. Même s'il n'a pas continué les compétitions de ski, la soif de vitesse de Dempsey ne s'est pas tarie puisqu'il pratique avec une intense passion et du talent la course automobile.
Revenons en arrière dans les rues de Buckfield, où les Dempsey vivaient dans les années '70, et nous pourrons voir un jeune Patrick roulant sur un monocycle, jonglant ou faisant le ventriloque dans l'allée de garage. "Je partais toujours avec le cirque" dit-il. Il ne plaisante pas. Randy Judkins, le célèbre clown du Maine, jongleur, et avant tout un gars très amusant, a noué une relation étroite avec le jeune Dempsey lorsqu'il lui enseignait l'art du clown au Fred Garbo's Camp Wekeela, à Turner. "Il présentait fort bien la première fois où je l'ai rencontré" confie-t-il. "Il avait l'½il qui pétille, il était exubérant et il semblait être un jeune homme nerveux". Il se souvient de sa conscience professionnelle. "Il n'abandonnait pas ce qui le passionnait. Il rentrait chez lui et mettait au point un nouveau tour, ou il travaillait un peu la comédie. Il était vraiment sérieux." Dempsey s'est consacré à perfectionner parfaitement ces connaissances peu orthodoxes. Au fur et à mesure qu'il s'est perfectionné, son amour pour le spectacle est devenu de plus en plus évident. Lorsque Judkins a amené son protégé à un concours de jonglage, en Ohio, durant l'été 1981, Dempsey a de façon étonnante remporté la seconde place de cette compétition pour juniors. "La seule chose que j'ai remarqué en le regardant était qu'il était totalement à son aise sur scène" se souvient Judkins. "Il était complètement dans son élément et il avait cet amour du public. Il était très, très évident qu'il avait trouvé une autre maison sur la scène."
Dempsey a commencé à se produire dans des productions théâtrales traditionnelles, servant de stagiaire au Théâtre de Monmouth, pendant l'été 1983. "J'étais un apprenti typique. J'étais le troisième porteur de flèches. Je balayais la scène. Je prenais soin des accessoires.” C'est sur la scène de Monmouth que Dempsey dit avoir appris une des plus importantes leçons de sa vie professionnelle. "L'activité est la partie la plus importante. Pas la gloire." L'ancien jongleur et machiniste apparaît maintenant come l'un des acteurs les plus reconnaissables de sa génération, un statut qui a été lent à se développer pour cet homme de 43 ans, en dépit de débuts pleins de succès. A l'âge de 17 ans, une année avant que son père ne décède, Dempsey laissait tomber la St. Dominic Regional High School et partait à l'Ouest, à San Francisco, pour participer à la pièce "Torch Song Trilogy". Sa percée sur grand écran est venue finalement en 1987 dans le succès "Can't Buy Me Love", suivi de " Loverboy" en 1989. Mais les années qui ont suivi l'entrée de Dempsey dans le vedettariat lui ont apporté peu de performances qui ont été appréciées. C'est durant cet interlude, quand Dempsey était selon ses propres mots "un typique acteur qui travaille", que lui et son épouse, Jillian, ont acheté leur maison de South Harpswell, en 1998. Pour Dempsey, revenir régulièrement dans le Maine était essentiel. "J'ai passé assez de temps loin du Maine pour l'apprécier et le voir d'une nouvelle façon. Revenir chez moi apaise tout, toute mon existence, parce que je ne dois plus m'enfuir. Je me comprends moi-même, qui je suis et d'où je viens. Et en agissant ainsi, je me relaxe."
Peu après s'être reconnecté avec le Maine, Patrick renouait avec le succès, en 2005, avec son rôle dans "Grey's Anatomy", actuellement un des drames les plus couronnés de succès à la télévision. "Je suis extrêmement reconnaissant pour ce que Grey's a fait pour moi" dit Dempsey, dont le sympathique personnage, surnommé McDreamy, est devenu une icône extrêmement reconnaissable de la culture populaire. "Avoir une série à succès est très rare. Mais c'est un boulot montre – 15 heures par jour. On abandonne sa vie pour la série." Néanmoins, Dempsey trouve le temps non seulement pour interpréter des rôles de plus en plus nombreux au cinéma, comme “Enchanted” en 2007 ou “Valentine's Day” en 2010, mais aussi pour revenir chez lui dès qu'il le peut. L'Etat du Pin (ndlr : surnom du Maine) continue de servir de sanctuaire de rajeunissement à l'homme qui a grandi en récoltant les bénéfices de sa beauté naturelle. "J'ai passé beaucoup de temps dans les bois, à explorer. Cela a été les années les plus formatrices, où j'ai découvert qui j'étais, tout seul. C'est une sorte d'église pour moi." Maintenant père de trois enfants, il ne veut pas perdre cette part de lui-même et "je veux être sûr qu'ils l'auront aussi", ajoute-t-il.
L'acteur a également un enjeu personnel dans le succès du Dempsey Center et il a de grands espoirs. Actuellement les départements de l'hôpital au Dempsey Center qui traitent le cancer des patients se sont étendus sur tout le campus. Peter Chalk, le président de la maison-mère du CMMC, le Central Maine Healthcare, dit que "la vision du programme est de consolider le service de radiation, d'oncologie, d'hématologie, etc... en un établissement indépendant du Dempsey Center." Pour y arriver, cependant, le centre a besoin de récolter plus de fonds. Ses fondateurs sont très contents de ses progrès. "Nous sommes là depuis 14 ou 15 mois" dit Chalk, "et je suis surpris de voir où nous sommes arrivés aujourd'hui. Patrick a été d'un grand secours en nous ramenant d'autres soutiens. Il a tiré profit de son nom et de sa réputation pour nous apporter du soutien." Par exemple, en mettant sur pied cette année le Dempsey Challenge. Le dévouement de Dempsey au centre – et à tout autre chose qu'il décide de faire, que ce soit jouer la comédie, courir en voiture ou, dans le temps, jongler – est passionnément intense. Son comportement envers les malades n'est pas fait que de douceur et de soutien. "Il est très humble et très bienveillant et très généreux" dit de lui sa s½ur Mary, maintenant la coordinatrice du centre. "J'aime ses rapports avec les patients et leurs familles. Il est vraiment sincère." Judkins, son mentor durant son enfance, approuve. "Je pense que son c½ur a épousé cette cause de façon très naturelle et instinctive", dit-il en se référant à la connexion personnelle de Dempsey avec le cancer, que sa mère a connu. "Je pense qu'il est vraiment reconnaissant d'avoir ses racines, ici, dans le Maine".
Même s'il ne peut pas faire le voyage d'Hollywood au Maine aussi souvent qu'il l'aimerait, l'influence de son Etat reste marquée dans la personne qu'il est dans la vraie vie. "Toutes mes actions découlent du fait que j'ai grandi dans le Maine" reconnaît-il. Il espère y passer plus de temps, dans le futur, et dans l'attente d'un essor des encouragements de l'état pour la production de films ou à la télévision, il dit qu'il "aimerait revenir chez lui et y travailler." Comme le dit le vieil adage, vous pouvez emporter le garçon loin du Maine (même aussi loin qu'à Hollywood) mais vous ne pouvez pas emporter le Maine loin du garçon. "Je suis fier de mes origines. Je suis vraiment très fier de l'Etat du Maine" déclare-t-il. On peut affirmer que l'Etat est fier de Dempsey, aussi.
A quelques semaines de son départ, le Dempsey Challenge prend des allures d'évènement. Parce qu'il a atteint le plafond de 3.500 inscriptions, les organisateurs prévoient de mettre sur pied, la semaine prochaine, une liste d'attente pour tous ceux qui voudraient encore y participer. En même temps, ils essaient d'anticiper l'intérêt local, en organisant un festival au Simard-Payne Memorial Park, à Lewiston, ce qui pourrait rassembler quelques milliers de personnes en plus. "Nous savons pertinemment que nous allons avoir plus de 3000 participants," a annoncé le porte-parole du Chalenge. "Mais après cela, les paris sont ouverts. Nous espérons une participation importante." Effectivement l'enregistrement a dépassé toutes les espérances. "C'est en septembre que les inscriptions sont passées à la vitesse supérieure. Nous avons examiné les chiffres et nous nous sommes dit qu'on devait faire quelque chose. Avoir près d'un tiers des participants en seulement une semaine, c'était tout simplement incroyable." Il y aura une zone de jeux pour les enfants, une exposition ayant pour thème la santé, des projections sur écran et des ateliers d'art, des démonstrations de karaté ou de danse du ventre... Pour Patrick Dempsey, la journée sera sans aucun doute particulièrement intense. On s'attend à ce que toute la presse du pays couvre l'évènement et suive l'acteur à la trace. "Il va courir les 50 miles et il prendra la parole devant la foule. De toute évidence, son emploi du temps va être extrêmement serré" a déclaré le porte-parole.
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